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jojo

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Sexe & Age Homme & 30
Pays: Sénégal
L'aide publique au développement
June 3, 2005 - 04:45 AM

Dans les années 1990, l’aide au développement connu une nette désaffection qui a fait craindre une réduction dramatique de son volume.

Aujourd’hui, nous assistons à une relance spectaculaire de cette aide, soutenue par les experts et les décideurs. Comment, en si peu de temps, a pu se produire un retournement aussi radical ?
Est-il réaliste d’espérer pour l’avenir une poursuite de cette tendance ?
Les années 1990 ont vu se multiplier les signes d’une lassitude de l’aide. La solidarité à des fins géopolitiques semblait obsolète depuis la chute du mur alors que s’effritait l’aide à la croissance conçue, pour agir sur les grands équilibres macroéconomiques par le biais des ajustements structurels Fonds Monétaire International (F MI) et de la Banque Mondiale.
Cette dernière étudiait la possibilité d’une aide sélective, réservée aux pays pratiquant une bonne politique. Par ailleurs, les aides bilatérales étaient réduites par les difficultés budgétaires des pays donateurs et les dénonciations sans cesse répétées sur l’inefficacité et les détournements de l’aide. Seuls les pays nordiques respectaient l’engagements de mobiliser 0,7% du produit intérieur brut (PIB).

Ce n’est pas que le principe de l’aide au développement ait été refusé par les opinions publiques (les sondages indiquaient plutôt le contraire). L’accroissement de l’aide était même une demande récurrente des médias. Mais les mêmes médias, les experts, les politiques et les décideurs craignaient que ne soit dépassé dans de nombreux pays la capacité d’absorption de l’aide, définie, par les économistes, comme le niveau audela duquel une aide supplémentaire ne trouve plus d’emplois utile.
Partout étaient dénoncés les échecs des aides macroéconomiques (à la croissance globale et aux Finances publiques), leur mauvaise gestion locale ainsi que la difficulté pour les administrations des pays donateurs, de faire parvenir les fonds en temps utile.

Parfois même les difficultés à gérer l’aide étaient devenues cumulatives. La méfiance des donateurs les amenait à multiplier les conditionnalités - économiques (équilibre budgétaire, vérité des prix, baisse des droits de douane, etc.) ou politique (renforcement de la démocratie) liées aux logiques d’ajustement, au risque ingérables de certains programmes.
Contre le risque d’une baisse irréversible de l’aide s’est formé progressivement et informellement une coalition pour définir de nouveaux objectifs que l’on voulait réalistes, utiles et difficiles à détourner. A cette coalition ont participé les organismes d’aide qui étaient menacés par la lassitude de l’aide.
La Banque mondiale a, de façon spectaculaire, changé d’objectifs en donnant la priorité à la réduction de la pauvreté et à la reconstruction des Etats. Et les aides bilatérales ou multilatérales ont suivi. Alors que les partisans de l’aide se défendaient jusqu’ici de faire la charité, mettant en avant l’efficacité économique de leurs actions, les ONG ont pu se fixer des perspectives morales et éthiques. En rompant avec le discours officiel apolitique sur l’aide, elles lui ont donc donné des objectifs explicitement politiques : redistribution internationale des revenus et ingérence avouée dans les affaires des pays aidés.

Méfiance à l’égard des transferts d’Etat à Etat, ces organisations ont demandé des transferts privés et des opérations publics/privés, non sans faire parfois campagnes pour l’allègement de la dette qui est aussi un transfert d’Etat à Etat. Enfin, en identifiant sur le terrain les besoins de base (santé, alimentation, éducation des femmes, eau potable, lutte contre la mortalité infantile, etc.), elles ont propose aux organismes d'aide des actions dont personne n'ose contester l'utilité et qui peuvent être mises en œuvre en contournant les Etats par de multiples actions décentralisées.

Les agences spécialisées des Nations unies ont joué un rôle déterminant dans cette évolution. Progressivement, elles ont organisé des rencontres entre experts, chercheurs, ONG et représentants des pays pauvres sur des thèmes précis׃ travail, villes, démographie, santé, femme etc.

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